Cadmium et farine : ce qu’il faut vraiment savoir
Cadmium et farine : comment rassurer vos clients en tant qu’artisan boulanger ?
Depuis plusieurs semaines, le sujet du cadmium dans l’alimentation prend de l’ampleur dans les médias. Pâtes, céréales, pain, viennoiseries… les produits à base de blé sont régulièrement cités, suscitant des interrogations chez les consommateurs.
Voici quelques éléments pour vous aider à répondre avec sérieux à vos clients, sans alimenter le débat :
L’une des approches est de vous appuyer sur nos résultats d’analyse factuels que nous vous communiquons.
Le cadmium : de quoi parle-t-on exactement ?
Le cadmium est un élément minéral naturellement présent dans l’environnement (roches et sols), partout dans le monde. On peut en retrouver à très faibles doses dans certains sols agricoles, notamment en lien avec certains fertilisants phosphatés utilisés historiquement.
Ce sujet est connu et suivi depuis plusieurs années par les autorités sanitaires et la filière céréalière.
Contrairement à certaines idées reçues :
👉 le process de meunerie n’ajoute pas de cadmium dans la farine.
Le principal enjeu se situe en amont, au niveau des pratiques agricoles et de la qualité des sols.
Des contrôles stricts sur les blés que nous achetons et nos farines
Afin de garantir la conformité des matières premières, des analyses sont régulièrement réalisées sur les farines produites.
Depuis 2021 :
- nous avons effectué plus de 340 analyses dédiées au cadmium,
- aucun résultat n’a dépassé les seuils réglementaires applicables au blé,
- les teneurs moyennes observées sont environ 5 fois inférieures aux limites européennes.
Comme il n’existe aucune réglementation européenne cadmium sur farine, nous comparons nos résultats par rapport à la limite réglementaire sur blé (0.1 mg/ kg).
Farines Bio, CRC®, conventionnel : quelles différences ?
Les analyses montrent des différences selon les modes de production.
En filière biologique
- 58 % des farines analysées ne présentent aucune détection de cadmium,
- 31 % présentent des niveaux tellement faibles qu’ils ne sont pas quantifiables.
En filière CRC®
Les niveaux moyens observés restent environ 5 fois inférieurs aux limites réglementaires applicables au blé.
En conventionnel
Les résultats restent également très largement conformes, avec des teneurs moyennes environ 4 fois inférieures à la réglementation sur blé.
Nous constatons donc des différences, qui peuvent s’expliquer par la nature des fertilisants utilisés dans les différents cahiers des charges de production de blé.
Que dire à vos clients en boulangerie ?
Les consommateurs attendent avant tout :
✔ de la transparence,
✔ des réponses simples,
✔ des données concrètes.
Voici quelques messages clés que vous pouvez transmettre :
- « Nos farines sont contrôlées régulièrement. »
- « Les niveaux retrouvés sont très inférieurs aux limites réglementaires. »
- « La filière céréalière travaille depuis plusieurs années à réduire l’exposition au cadmium. »« La dose journalière tolérable » définie en 2016 par l’ANSES (Agence Nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail) correspond :
- pour une femme ou un homme de 65 Kg, la dose journalière tolérable est d’1Kg de farine conventionnelle « brut » ou 5 baguettes.
- Pour un enfant de 30 kg, 2 baguettes. »